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La liberté de la presse en recul
03 mai 2018     #Médias

Reporters sans Frontières constate dans son édition 2018 du Classement mondial de la liberté de la presse un « accroissement des sentiments haineux à l’encontre des journalistes » et ce à l’échelle mondiale. Les responsables politiques, qui voient les médias comme des adversaires, encouragent cette hostilité.
 

 

Un classement reconnu et indispensable


Les menaces à l’encontre des journalistes ne sont désormais plus l’apanage des pays autoritaires. Ce constat, Reporters Sans Frontières (RSF) le fait dans son dernier Classement mondial de la liberté de la presse. Publié chaque année depuis 2002, il recense le degré de liberté des journalistes dans 180 pays. Basé sur un questionnaire qui comporte des thématiques telles que le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures qui soutiennent la production de l’information, il ne traduit pas la qualité de la production journalistique mais bien l’indépendance de la presse. Ce classement est une référence mondiale et certains Chefs d’Etats ou de Gouvernement redoutent même sa publication.
 

La haine des dirigeants politiques

 

RSF alerte sur un « accroissement des sentiments haineux à l’encontre des journalistes ». L’organisme dénonce même une « média-phobie » pour les pays autoritaires tels que la Turquie ou l’Égypte, et la généralisation des accusations de terrorismes contre les journalistes, avec l’emprisonnement de tous ceux qui ne leur prêtent pas allégeance. Les Philippines ou l’Inde sont également visés, avec discours de haine des Gouvernements et au moins quatre assassinats de journalistes dans chacun de ces pays en l’espace d’un an. Vingt et un États sont maintenant considérés dans une situation « très grave ». Même dans les pays développés, les critiques des personnalités politiques envers les médias sont de plus en plus courantes. Quatre des plus importants reculs enregistrés cette année concernent des pays européens : République Tchèque, Slovaquie, Malte et Serbie. Avec des insultes, des menaces, des violences, l’expression de la haine se généralise. Une situation dénoncée par RSF.

 

Qui sont les bons et les moins bons élèves


Pour la seconde année consécutive, la Norvège est première du classement, suivie de près par la Suède puis les Pays-Bas et la Finlande. On retrouve sans surprise la Corée du Nord en queue de peloton. Elle est précédée de l’Erythrée, du Turkménistan, la Syrie et la Chine. La France elle progresse de 6 places. Malgré ce bon résultat, il n’en demeure pas moins un « mediabashing » ambiant, ou comme le constate RSF : un dénigrement systématique de la profession par certains leaders politiques, qui a connu son paroxysme pendant la campagne présidentielle 2017.